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◆ Acte III — Article · 1988-2026

Article rédigé par TIITII NBA, artiste du collectif New Bouyon Wave.

Producteurs et Passeurs

Vador, Dada, J2MO, DJ Taffy, Mr Ridge, 1T1, DJ Softee : derrière les voix, le Bouyon voyage par ceux qui programment, mixent et l'exportent.

Mains d'un producteur sur un contrôleur MIDI et un ordinateur portable dans un home-studio moderne en Guadeloupe, 2026
Aux Abymes, 2026 — la nouvelle génération de beatmakers travaille le bouyon sur laptop, contrôleur MIDI, interface audio et fichiers partagés en direct.

◆ Acte III — Article XI · 1988-2026

Article rédigé par TIITII NBA, artiste du collectif New Bouyon Wave.

Sources : interviews publiques, fiches catalogue plateformes (Apple Music, Shazam, SoundCloud), presse spécialisée (Billboard, The Guardian, RFI, Soca News, PepseeActus), toutes citées en pied d'article.

Mes excuses pour les éventuels noms ou lieux écorchés — beaucoup d'acteurs sont anglophones, la traduction et la transcription peuvent générer un léger décalage.

Tu peux contribuer à l'évolution du blog : laisse tes corrections et compléments d'info dans les commentaires en bas de l'article.

Position 0 — Le Bouyon ne voyage pas seulement par les chanteurs : il voyage par les producteurs, beatmakers, DJs, organisateurs et passeurs qui programment, mixent, fabriquent les riddims et connectent les îles. Vador organise, J2MO fabrique, Dada exporte via Famalay (2019), DJ Taffy tient le riddim UK, Mr Ridge structure la marque dominicaine, 1T1 / YSN / DJ Luchshiy / DJ Skycee densifient la Guadeloupe, DJ Softee relie en DJ/composition/voix. Major Lazer / Mad Decent amplifient en relais EDM — pas en origine.

Tu suis le Bouyon depuis TikTok, tu reconnais 5 ou 6 voix incontournables, et tu te demandes pourquoi les mêmes noms reviennent dans les crédits sans jamais passer devant la caméra. Tu es au bon endroit : ce chapitre ouvre la boîte noire de la production Bouyon — celle qui décide qui voyage, qui reste local, et qui finit en featuring sur un Famalay à Trinidad. On va voir comment Vador, Dada, J2MO, DJ Taffy, Mr Ridge, 1T1, YSN, DJ Luchshiy, DJ Skycee et DJ Softee fabriquent — chacun à leur poste — la circulation du genre.

I — Ceux qu'on entend sans toujours les voir

Le Bouyon est souvent raconté par les voix. C'est normal : le public retient les refrains, les clashes, les hooks, les artistes qui montent sur scène. Mais un genre ne se déplace pas seulement avec des visages. Il se déplace avec des gens qui programment, qui branchent, qui mixent, qui organisent une soirée, qui font tourner un fichier, qui sortent un riddim, qui appellent un chanteur d'une autre île, qui donnent à la sortie une forme assez solide pour voyager.

Ce chapitre ne cherche donc pas à faire une liste de “ceux qui sont derrière”. Il cherche à distinguer des fonctions. Un producteur ne fait pas forcément le même travail qu'un beatmaker. Un DJ peut être passeur sans être auteur du titre. Un organisateur peut structurer une scène sans toucher à une session studio. Un label peut rendre une sortie lisible sans inventer le son. Un passeur crossover peut ouvrir un marché sans appartenir au coeur du genre.

Cette précision protège le récit. Elle évite de confondre Vador avec J2MO, Dada avec Major Lazer, DJ Softee avec DJ Taffy, ou A Plus Musik avec les artistes qui portent le titre en façade. Elle évite aussi de réduire la production Gwada récente à deux ou trois noms alors que la scène tient par une constellation : 1T1, YSN, DJ Luchshiy, DJ Skycee, D0 Production, DJ Skaytah, DJ Softee et d'autres artisans de terrain. DJ Softee doit y être lu comme DJ, compositeur, chanteur et connecteur, pas comme producteur. Tous comptent. Mais ils ne comptent pas de la même façon.

Le Bouyon ne voyage pas seulement quand une voix devient connue. Il voyage quand quelqu'un rend cette voix jouable ailleurs.

[S-84]

II — Le studio originel : WCK et la grammaire

Aux origines, la production Bouyon ne ressemble pas encore à l'économie actuelle du riddim. WCK construit une grammaire de groupe : claviers, drum machine, batterie, lapo kabwit, cadence, soca, dancehall, créole dominicain. Dans ce dispositif, Cornell “Fingers” Phillip et Derek “Rah” Peters ne sont pas des techniciens de fond. Ils participent à la définition même du langage [S-84].

Home-studio moderne à Roseau avec laptop, contrôleur MIDI, enceintes de monitoring et affiche d'archive WCK
Roseau, 2026 — l'héritage de WCK reste au mur, mais les riddims circulent désormais par laptop, pads, interfaces audio et sessions numériques.

C'est important parce que le Bouyon naît d'abord comme une architecture sonore. Avant les plateformes, avant les type beats, avant les packs de riddims, il y a une question simple : comment faire tenir ensemble une énergie de carnaval, une pulsation créole et une machine qui ne fatigue jamais ? La réponse de WCK crée un vocabulaire que d'autres pourront ensuite simplifier, durcir, accélérer, exporter.

Dans les années suivantes, la logique de groupe dominicain donne progressivement de la place à une autre économie : celle du producteur capable de créer une base sur laquelle plusieurs voix peuvent venir se poser. C'est là que le Bouyon rejoint une logique déjà familière dans le dancehall : le riddim comme plateforme. Le producteur ne fait plus seulement “une sortie”. Il peut fabriquer un terrain.

1988WCK stabilise la grammaire studio
2007Vador ouvre une organisation Bouyon Gwada
2011J2MO documente une ligne riddim / beatmaker en Guadeloupe
2019Dada fait passer une énergie Bouyon dans Famalay
20251T1, YSN, Luchshiy, Skycee et Softee densifient la ligne Gwada

III — Guadeloupe : organiser, jouer, fabriquer

La première vague Gwada montre mieux que n'importe quelle période la différence entre les fonctions. Vador n'est pas d'abord un producteur au sens beatmaker. Le Courrier de Guadeloupe le place dans l'organisation des premières soirées Bouyon Gwada, avec le Krazy Tras comme lieu important [S-85]. Son rôle est matériel : créer un espace où le Bouyon peut exister publiquement en Guadeloupe.

Producteur dominicain de dos près du terminal ferry, smartphone en main, regardant vers l'horizon entre les îles
Quelqu'un comme Dada, producteur dominicain, est un de ces ponts invisibles entre les scènes. Les riddims voyagent maintenant par ferry, smartphone, sessions partagées et messages vocaux.

À côté de lui, le rôle d'un DJ comme DJ Joe est différent : tenir la sélection, faire entrer le public dans le son, installer la répétition nécessaire pour qu'une musique étrangère au circuit local devienne familière. Et dans l'atelier technique, J2MO / J2mothebeatcooker représente une autre fonction encore : produire, programmer, préparer des bases et des instrumentaux sur lesquels la scène peut poser [S-86] [S-95].

Ce trio de fonctions explique pourquoi la première vague Gwada ne peut pas être résumée à un seul nom. Vador ouvre la porte. DJ Joe fait circuler. J2MO fabrique. Suppa relie la Dominique et la Guadeloupe par la présence artistique. Gaza Girls, Yellow Gaza et les autres voix donnent un visage au mouvement. C'est une scène, pas une simple discographie.

La leçon vaut pour toute l'histoire du Bouyon : si l'on ne nomme que les chanteurs, on rate la mécanique qui permet aux chanteurs d'apparaître.

IV — Dada : le producteur comme passeport

Le cas Dada / Krishna Lawrence montre une autre échelle. Avec Famalay en 2019, le Bouyon touche la grande machine Soca trinidadienne sans devenir Soca et sans perdre totalement sa source. Medium documente Dada comme producteur dominicain derrière ce hit porté par Skinny Fabulous, Machel Montano et Bunji Garlin [S-87].

Écran d'ordinateur portable montrant une session FL Studio moderne avec un riddim bouyon ouvert et des notes vocales WhatsApp
Bouyon Hard, FL Studio, 2026. Un riddim n'est plus une cassette qui circule — c'est un .flp partagé sur WhatsApp, chacun y ajoute sa voix, son sample, sa flèche.

L'erreur serait de raconter seulement les trois grandes voix. Elles sont essentielles, évidemment. Mais la question Bouyon est ailleurs : comment une grammaire dominicaine se retrouve-t-elle dans un single capable de traverser Trinidad, les carnavals et les diasporas ? La réponse passe par le producteur. Dada ne remplace pas les artistes ; il rend possible une circulation.

En 2021, Smoke Riddim confirme cette logique. Newsday présente Dada Music autour d'un projet réunissant plusieurs artistes caribéens, avec une structure pensée pour circuler au-delà d'une seule île [S-88]. Là encore, le producteur agit comme architecte de passage : il construit une base qui accueille des voix différentes et fait exister le Bouyon dans un langage lisible par plusieurs publics.

Le producteur devient alors un passeport sonore. Il ne suffit pas que la sortie soit bonne. Il faut qu'elle puisse être comprise par un DJ, reprise par un autre artiste, jouée dans un autre carnaval, citée dans un média, intégrée à une playlist. Cette mobilité ne vient pas par hasard.

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V — DJ Taffy, Mr Ridge, Arade, A Plus Musik : le riddim comme infrastructure

La période 2020-2026 installe une économie plus rapide. DJ Taffy, présenté dans plusieurs récits récents comme The Riddim Beast, symbolise une génération où le producteur doit être mobile : trap, drill, dancehall, Bouyon, edits, TikTok, diaspora, packs de riddims. The Guardian relie cette circulation à Londres, Notting Hill, Tilly, Arade Moses et la manière dont les jeunes producteurs caribéens fabriquent des sons capables de voyager par téléphone autant que par scène [S-89].

Studio collectif moderne aux Abymes avec jeunes producteurs guadeloupéens autour d'un laptop et d'un contrôleur MIDI
« Si on n'apprend pas aux jeunes comment ça a commencé, le bouyon meurt avec nous. » — Un producteur des Abymes, 2026.

Dans cette économie, un riddim n'est pas seulement un instrumental. C'est une infrastructure. Il permet à plusieurs artistes d'entrer dans une même énergie, à plusieurs territoires de reconnaître une base commune, à plusieurs DJs de faire tourner un son avant même qu'un public sache nommer tout le monde. C'est moins romantique qu'un groupe sur scène, mais c'est central dans la mondialisation.

Mr Ridge / Coleridge Bell occupe une place différente dans cette même économie dominicaine. Son profil officiel le présente comme artiste, producteur et entrepreneur de La Dominique, capable de produire du Bouyon, du zouk, de la soca, du kompa et du reggae [S-104]. Dominica News Online le relie à une vision d'expansion mondiale du Bouyon et à l'approche Nasty Business, qui a remodelé une partie de l'imaginaire contemporain du genre [S-105]. WIC News rappelle ensuite sa deuxième victoire consécutive comme Bouyon Artist of the Year aux Caribbean Music Awards 2025, en insistant sur son rôle dans l'élévation internationale du Bouyon [S-106]. Même les crédits plateforme confirment cette double fonction : sur Fym avec Problem Child, Shazam crédite Ridge comme vocaliste, auteur via Coleridge Bell, et producteur [S-107].

Ce n'est donc pas seulement un artiste à ajouter dans une phrase. Mr Ridge représente le moment où la production devient aussi une marque, une esthétique, une entreprise culturelle. Il ne fabrique pas seulement des sorties : il fabrique un cadre autour de son son. Dans le Bouyon récent, cette capacité compte autant qu'un beat isolé, parce qu'elle donne au public une identité reconnaissable et aux institutions un visage à récompenser.

A Plus Musik donne un autre exemple. Avec RAGS, single de Trilla-G, Skinny Fabulous et Shelly, le Bouyon Road March 2025 fait entrer une production dans un cadre institutionnel : compétition, votes, carnaval, titre inaugural [S-92]. Le public voit un hymne. L'histoire doit aussi voir le dispositif : producteurs, studios, artistes, institution et route qui transforment un single en repère.

Enfin, Major Lazer et Mad Decent occupent une place à part. Les G.O.A.T. Bouyon Mixes avec Bunji Garlin donnent au Bouyon un relais EDM/crossover [S-93] [S-94]. Mais il faut garder la frontière : ce relais n'est pas une origine. C'est une amplification extérieure, utile quand elle cite le genre, dangereuse si elle fait oublier la chaîne caribéenne avant elle.

VI — 1T1, Softee, YSN, Luchshiy, Skycee : produire la circulation Gwada

Dans la Guadeloupe récente, la production ne tient pas sur un seul homme. Elle ressemble plutôt à une table de studio où chacun arrive avec une fonction différente. 1T1 est le cas le plus visible : RFI le présente comme compositeur, producteur et chanteur originaire de Guadeloupe [S-96], PepseeActus le place comme artiste/beatmaker Bouyon et architecte du renouveau [S-97], AB BOYZ le présente comme artiste, compositeur et producteur [S-98]. Son rôle n'est donc pas seulement vocal. Il organise une esthétique, des collaborations, une manière de faire sonner la New Bouyon Wave plus propre, plus exportable, plus assumée. Avant que la New Bouyon Wave porte son nom en septembre 2023, il bâtit son collectif autour de trois projets One Riddim : Keneth Riddim (juin 2023), Zézé Riddim (décembre 2023) et TROICROI RIDDIM (2024) — quatre titres chacun, modèle hérité du Lyrikal Terrorist de Genesis. Sans cette routine collective, le single « New Bouyon Wave #1 » n'aurait existé sur rien.

DJ Softee / Julian White incarne une autre fonction hybride : DJ, compositeur, chanteur, acteur de réseau. PepseeActus le rattache à la New Bouyon Wave et à plusieurs sorties majeures de la période [S-90]. Avec Chodong Route Empire C.R.E, la logique devient encore plus nette : un EP plateforme, plusieurs collaborations, une image collective, un langage Warm Up / Bouyon récent [S-91]. Softee agit comme connecteur : il ne se contente pas de produire, il fait circuler les voix dans un format reconnaissable.

Autour de cette ligne, YSN donne un exemple précis de beatmaker/compositeur dans la scène 2025. Sur Pran On Pyé, PepseeActus crédite YSN comme beatmaker et compositeur, avec Qwann au clavier et 1T1/LeJuh dans l'écriture [S-99]. Shazam confirme YSN au programming et à la composition, dans une sortie portée par Hakuna Music Company [S-100]. Ce détail compte : il montre que le Bouyon Gwada récent ne se construit pas seulement par des voix connues, mais par des bases produites, signées, reconnues, parfois plus discrètes que le refrain.

DJ Luchshiy et DJ Skycee représentent encore une autre strate : celle des DJs/beatmakers qui alimentent la scène par les singles, les crédits, les ponts entre artistes et les versions spécialisées. PepseeActus présente DJ Luchshiy comme un DJ/producteur guadeloupéen, avec des crédits qui vont de Konshens à Motto, Ridge, TIITII NBA et Lestef KJF [S-101]. Sa trace avec Aknose sur KKM dès 2023 installe une présence Bouyon nette [S-102]. DJ Skycee, lui, est documenté par PepseeActus comme Yanis Batta, DJ/beatmaker du Moule, avec des crédits liés à T-BTS, Billy BYBF, Lucky Luke, Lestef KJF, MiiMii KDS et TIITII NBA [S-103]. Ces profils ne racontent pas la même histoire que 1T1. Ils racontent la densité du terrain : les gens qui multiplient les connexions, tiennent les crédits et nourrissent la scène sortie après sortie.

Ce type de rôle est précieux parce qu'il ne se voit pas toujours depuis le public. Un producteur-artiste, un beatmaker ou un DJ de cette période ne fait pas seulement un beat. Il connecte des voix, propose un format, donne une cohérence, prépare la sortie, rend la collaboration lisible. C'est exactement ce qui permet à une scène de passer de “plusieurs artistes qui sortent des sons” à “un réseau que le public peut reconnaître”.

Ce chapitre doit donc être lu comme une correction de focale. Le Bouyon n'est pas seulement une succession d'artistes. C'est une chaîne : groupes fondateurs, organisateurs, DJs, beatmakers, producteurs, labels, festivals, médias, plateformes. La voix attire l'attention. Le passeur construit la route.

La dernière étape de cette série doit regarder ce que cette route produit maintenant : reconnaissance, prix, festivals, mais aussi limites. Car plus le Bouyon grandit, plus une question devient urgente : qui garde le centre du récit ?

FAQ — questions fréquentes sur les producteurs et passeurs du Bouyon

Quelle est la différence entre un producteur et un beatmaker dans le Bouyon ? Un beatmaker fabrique l'instrumental (le riddim, la prod, le squelette rythmique). Un producteur peut faire ça, mais il fait aussi autre chose : il choisit les voix, structure la session, prépare la sortie, parle au label, suit le mix. Beatmaker = artisan technique. Producteur = architecte global. Beaucoup font les deux (1T1, J2MO, Mr Ridge), mais ce n'est pas systématique.

Qui sont les producteurs Bouyon les plus importants aujourd'hui ? Pas une seule liste : plusieurs lignes. En Dominique : Mr Ridge / Coleridge Bell, Dada / Krishna Lawrence, l'écosystème A Plus Musik autour du Bouyon Road March. En Guadeloupe : 1T1, YSN, DJ Luchshiy, DJ Skycee, DJ Skaytah, D0 Production. À Sainte-Lucie et UK : DJ Taffy, Arade Moses. Et DJ Softee côté DJ / composition / voix (pas producteur au sens strict).

Vador est-il un producteur Bouyon ? Non, pas au sens beatmaker. Vador est avant tout un organisateur et un connecteur de la première vague Bouyon Gwada : il ouvre les soirées (Krazy Tras), il rend possible l'existence publique du genre en Guadeloupe à la fin des années 2000. Sa fonction est matérielle et politique, pas studio. C'est exactement la nuance que ce chapitre veut tenir.

Dada a-t-il vraiment produit Famalay ? Oui. Medium documente Dada / Krishna Lawrence comme producteur dominicain derrière Famalay (2019), porté par Skinny Fabulous, Machel Montano et Bunji Garlin [S-87]. Les trois grandes voix portent la chanson, mais la grammaire Bouyon qui traverse le titre passe par un producteur dominicain. C'est l'exemple type du producteur comme passeport.

Major Lazer est-il un acteur du Bouyon ? Non — c'est un relais, pas une origine. Les G.O.A.T. Bouyon Mixes (2025) avec Bunji Garlin amplifient le Bouyon vers un public EDM/crossover [S-93][S-94]. Utile pour la visibilité, dangereux si ça laisse penser que Major Lazer ou Mad Decent ont co-fondé le genre. La chaîne caribéenne (WCK, Triple Kay, Asa Banton, Vador, Mr Ridge, 1T1) reste l'origine.

Pourquoi 1T1 apparaît partout dans la Guadeloupe récente ? Parce qu'il occupe une triple fonction : artiste-chanteur, beatmaker, organisateur de réseau. RFI le présente comme compositeur, producteur et chanteur guadeloupéen [S-96]. Il n'a pas produit chaque titre où il apparaît, mais il a stabilisé une esthétique (la "ligne New Bouyon Wave plus propre, plus exportable") et il a fait poser une génération de jeunes voix (Theomaa, Nils, LeJuh). Pour le détail titre par titre, voir le hors-série 1T1.

Qu'est-ce qu'un riddim, exactement ? Une instrumentale ouverte. Un même squelette rythmique sert de base commune ; plusieurs artistes viennent composer leur propre flow dessus. Le riddim vient du dancehall jamaïcain et a été absorbé par le Bouyon. C'est devenu une infrastructure : il permet à plusieurs voix de partager une énergie, à plusieurs territoires de reconnaître une base, à plusieurs DJs de faire tourner le son avant même que le public sache tous les noms.

Pourquoi DJ Softee est rangé à part dans ce chapitre ? Parce qu'il n'est pas producteur au sens beatmaker. PepseeActus le présente comme DJ, compositeur, chanteur et acteur de réseau dans la New Bouyon Wave [S-90]. Sa fonction est hybride : il fait circuler les voix dans un format reconnaissable (EP Chodong Route Empire C.R.E, 2025), il connecte les artistes, il porte une image collective. Ranger DJ Softee avec DJ Taffy ou avec J2MO serait une erreur de focale.

Sources

Sources scrapées (presse spécialisée et plateformes)

- [S-84] Billboard — Inside Bouyonbillboard.com · WCK, Cornell Phillip, Derek Peters, Asa Banton, Shelly · consulté 2026-05-14. - [S-85] Le Courrier de Guadeloupe — Vrai phénomène de sociétélecourrierdeguadeloupe.com · Vador, Krazy Tras, premières soirées Bouyon Gwada · consulté 2026-05-14. - [S-86] Booska-P — Bouyon to di worldbooska-p.com · Yellow Gaza, Gaza Girls, J2MO, DJ Taffy · consulté 2026-05-14. - [S-87] Medium — The Dominican producer behind Famalaymedium.com · Dada / Krishna Lawrence · consulté 2026-05-14. - [S-88] Newsday — Dada Music launches Smoke Riddim 2021newsday.co.tt · consulté 2026-05-14. - [S-89] The Guardian — Bouyon, Dennery Segment, Notting Hilltheguardian.com · DJ Taffy, Arade Moses, Tilly · consulté 2026-05-14. - [S-90] PepseeActus — DJ Softeepepseeactus.com · consulté 2026-05-14. - [S-91] Apple Music — DJ Softee, Chodong Route Empire C.R.E EPmusic.apple.com · consulté 2026-05-14. - [S-92] Soca News — RAGS, Bouyon Road March 2025socanews.com · consulté 2026-05-14. - [S-93] Soca News — Major Lazer × Bunji Garlin, G.O.A.T.socanews.com · consulté 2026-05-14. - [S-94] Mad Decent / Bandcamp — G.O.A.T. Bouyon Mixesmaddecent.bandcamp.com · consulté 2026-05-14. - [S-95] Apple Music — J2mothebeatcookermusic.apple.com · consulté 2026-05-14. - [S-96] RFI — 1T1, voix du bouyon nouvelle générationrfi.fr · consulté 2026-05-14. - [S-97] PepseeActus — 1T1pepseeactus.com · consulté 2026-05-14. - [S-98] AB BOYZ Music — 1T1abboyzmusic.com · consulté 2026-05-14. - [S-99] PepseeActus — YSN x 1T1 x LeJuh x Qwann, Pran On Pyépepseeactus.com · consulté 2026-05-14. - [S-100] Shazam — Pran On Pyéshazam.com · consulté 2026-05-14. - [S-101] PepseeActus — DJ Luchshiypepseeactus.com · consulté 2026-05-14. - [S-102] SoundCloud — DJ Luchshiy x Aknose, KKMsoundcloud.com · consulté 2026-05-14. - [S-103] PepseeActus — DJ Skyceepepseeactus.com · consulté 2026-05-14. - [S-104] Cross D Bridge — Mr Ridgecrossdbridge.com · consulté 2026-05-14. - [S-105] Dominica News Online — Mr Ridge wants Bouyon on world stagedominicanewsonline.com · consulté 2026-05-14. - [S-106] WIC News — Mr Ridge crowned Bouyon Artist of the Year 2025wicnews.com · consulté 2026-05-14. - [S-107] Shazam — Ridge & Problem Child, Fymshazam.com · consulté 2026-05-14.

Pour aller plus loin

- La Traversée — Chapitre IV — Comment Vador, DJ Joe et Yellow Gaza fondent le passage Dominique → Guadeloupe (2007-2013). - Transition Gwada — Chapitre V — La génération-pont entre 1ère vague et New Bouyon Wave (2016-2022). - New Bouyon Wave — Chapitre VII — Le réseau 1T1, TIITII NBA, Softee, Aknose, Nils, Theomaa, LeJuh, Luky Lukee (2023-2026). - Hors-série — New Bouyon Wave & 1T1 — Le registre titre par titre de la ligne 1T1 (Keneth, Zézé, Troicroi, CHORD, Run Riddim). - Retour au hub Bouyon — La carte interactive 3D des 12 chapitres + 130 artistes.

Glossaire

Riddim — Instrumentale ouverte (héritage dancehall) qui sert de base commune à plusieurs artistes. Une prod, plusieurs flows.

Beatmaker — Celui qui fabrique l'instrumental. Fonction technique. Pas forcément producteur au sens global.

Producteur — Architecte global : choisit les voix, structure la session, suit mix, master, sortie. Peut aussi être beatmaker (1T1, Mr Ridge) ou non.

Sound system — Lieu communautaire (pas un appareil) où une scène se rassemble autour d'un selecter. Racine des soirées Bouyon Gwada de la première vague.

Selecter — Celui qui choisit les titres et adapte le tempo à la foule. Ancêtre du DJ Bouyon moderne.

Nasty Business — Approche esthétique dominicaine récente portée notamment par Mr Ridge : son dur, image forte, ambition export.

Voir le glossaire complet

Prochaine étape

Chapitre XII — Consécration et Limites

Quand les prix, les festivals et les médias reconnaissent enfin le Bouyon, une autre question arrive : jusqu'où peut-il grandir sans perdre son centre ?

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→ Chapitre XII

Chapitre XII — Consécration et Limites "Quand les prix, les festivals et les médias reconnaissent enfin le Bouyon, une autre question arrive : jusqu'où peut-il grandir sans perdre son centre ?"