Genre musical · Carnavals depuis 1980s

Jump up

Tempo carnavalesque rapide aux Antilles françaises, désigne aussi le morceau qui fait sauter la foule.

Définition

Le jump up est un terme caribéen qui désigne deux choses à la fois, et c'est cette double nature qu'il faut comprendre avant tout. Premièrement, c'est un tempo : une pulsation carnavalesque rapide, conçue pour faire sauter une foule en plein air. Deuxièmement, c'est un type de morceau : la chanson qui ouvre le défilé, casse la timidité du début de soirée et déclenche le saut collectif. Les deux définitions cohabitent dans les bouches des musiciens des Antilles, et ce n'est pas une confusion — c'est une fidélité au geste qui a fondé le mot.

Aux Antilles françaises

À la Guadeloupe et à la Martinique, le terme jump up s'installe dans le vocabulaire carnavalesque dans les années 80. Il désigne la pulsation rapide qu'on attend du carnaval — celle qui fait que les jambes ne s'arrêtent pas, que la rue devient piste de danse, que les bandes de musiciens marchent sans pause. Le mot est anglophone d'origine, mais les Antilles françaises l'absorbent comme un terme local, créolisé dans l'usage.

En 1987, Exile One enregistre L'hivernage, un morceau chanté mas et lapo kabwit que les Antilles françaises désignent sous le nom de « jump up » — une pulsation carnavalesque qui préfigure directement le Bouyon [S-1]. Le tempo n'est pas encore à 152 BPM. Mais la logique est là : l'idée d'un morceau-locomotive qui tire la foule, qui ne retombe jamais, qui survit aux tours de quartier.

Cousin direct du Bouyon

Le Bouyon hérite de la logique du jump up sans en porter le nom. Le geste est le même : un tempo carnavalesque rapide qui fournit aux danseurs le carburant rythmique d'un carnaval qui ne s'arrête pas. Le jump up et le Bouyon partagent une grammaire de la dépense : on joue jusqu'à épuisement, on ne ménage pas la foule.

La différence tient au territoire et à l'instrumentation. Le jump up reste lié au carnaval anglophone et antillais français, avec ses cuivres et son chant en anglais ou créole. Le Bouyon ajoute la TR-505, le clavier électronique de Cornell Phillip et les voix de Roseau. Mais sans le précédent du jump up, le Bouyon n'aurait pas trouvé l'oreille d'un public déjà éduqué au carnaval rapide.

Terme à venir dans les prochains chapitres

Termes voisins

TIITII NBA en performance — Bouyon contemporain de Guadeloupe

Le Bouyon contemporain

TIITII NBA

Artiste indépendant de Guadeloupe, héritier conscient de la lignée WCK → Triple Kay → New Bouyon Wave.

Toute la discographie →